1 Français sur 5 estime que son emploi a peu d’intérêt

Dernièrement, le mal-être au travail est un des sujets les plus abordés dans le monde du travail. Désormais, de nombreuses personnes à la recherche d’emploi auscultent à la loupe les conditions de travail offertes par les entreprises qu’ils envisagent d’intégrer. Pourtant, encore 1 Français sur 5 estime que son emploi a peu d’intérêt. Une nouvelle forme de mal-être ?

Comme un sentiment d’imposture…

Vous avez forcément entendu parlé des « bullshit jobs », ces emplois dénués de sens devenus légion. D’après une étude Kantar TNS réalisée sur un échantillon de 10 000 actifs et relayée par Le Figaro, 18 % des Français ont le sentiment que leur emploi a peu d’intérêt. À l’origine de ce concept de « bullshit job », on retrouve l’anthropologue américain David Graeber. C’est en 2013, dans son article On the Phenomenon of Bullshit Jobs, qu’il expose sa théorie. Selon lui, « la technologie a été manipulée pour trouver des moyens de nous faire travailler plus. Pour y arriver, des emplois ont dû être créés et qui sont par définition, inutiles. »

Personnes dans un open space

1 personne sur 5 estime que son job a peu d’intérêt – Unsplash

Il cite en exemple « le gonflement, non seulement des industries de service, mais aussi du secteur administratif, jusqu’à la création de nouvelles industries comme les services financiers, le télé-marketing, ou la croissance sans précédent de secteurs comme le droit des affaires, les administrations, ressources humaines ou encore relations publiques. » Pour lui, « c’est comme si quelqu’un inventait tout un tas d’emplois inutiles pour continuer à nous faire travailler ». 1 Français sur 5 estime donc que son emploi peut entrer dans cette classification, qu’il n’est qu’une succession de taches absconses.

Le « bullshit job » n’est pas sur fatalité

Si, à première vue, le fait que 18 % des Français trouvent leur job sans intérêt puisse sembler déprimant, l’étude ouvre tout de même vers un horizon positif. 43 % des personnes trouvant qu’elles occupent un « bullshit job » prennent l’initiative de se remettre en question et de s’interroger sur leur avenir professionnel. Ainsi, 23 % des Français décident de se lancer dans la création de leur propre entreprise. Cette démarche est même parfois encouragée par les entreprises elles-mêmes. Afin de redonner du sens à chaque emploi (et aussi de gagner en flexibilité, avouons-le), elles sont de plus en plus nombreuses à intégrer des postes sous forme d’« intrapreneuriat ». Le collaborateur reste au sein de la structure mais devient le gérant de son activité ce qui influe immanquablement sur sa motivation et son investissement.

homme installé à un bureau face à une fenêtre

Travailler, mais dans quel but ? – Unsplash

Retrouver goût à son emploi : quelques solutions et beaucoup d’obstacles

Face à la précarité et les incertitudes qui entourent l’auto-entreprenariat, de nombreux Français préfèrent la sécurité de l’emploi et l’assurance d’une rentrée d’argent régulière même si cela signifie occuper un poste qui leur déplait. Pour redonner du sens à son emploi, la formation s’impose alors comme une parfaite solution. Cette dernière peut mener à une reconversion totale, une solution préconisée par 20 % des Français interrogés. Enfin, seulement 13 % estiment qu’il est possible de redéfinir les contours de ses missions en interne pour en finir avec le sentiment d’occuper un « bullshit job ».

Mais les freins au bien-être restent nombreux. Seulement 28 % des Français interrogés envisageraient de renoncer à la sécurité de l’emploi et 22 % seraient prêts à sacrifier leur couverture sociale. Enfin, seul 1 Français sur 5 accepterait de réduire son salaire pour retrouver un emploi avec plus de sens.

Si 1 Français sur 5 estime que son emploi a peu d’intérêt, les actifs ne sont pas prêts à sacrifier leur sécurité pour redonner du sens à leur emploi. Les « bullshits jobs » et les avantages qui en découlent ont, semble-t-il, encore de beaux jours devant eux.

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